Gens qui se baladent

lundi 28 décembre 2015

Betrayl at Bank



L’autre grand lancement de cette fin d’année sur lequel j’ai su me retenir, c’est le nouveau stand alone de Games Workshop : BETRAYAL AT CALTH.


Betrayal at Calth c’est à la fois une sorte de jeu de plateau moisi, comme Assasinorum Portefeuillum sorti quelques mois auparavant, et une boite de départ pour vous lancer dans du Warhammer 30K.

En effet, la boite contient tout un stock de figurines de Space Marines datant de l’époque des grandes croisades et de l’hérésie d’Horus.


Epoque Rogue Trader

L'idée c'est de vous vendre l'équivalent des premières figurines Wh40K mais au prix d'aujourd'hui

Soyons honnête, ce jeu serait sorti un peu plus de trois ans plus tôt, j’aurai été de ceux qui rafraichissent leur page le jour de l’ouverture des précommandes en ligne.
A l’époque j’étais à fond dans la saga de l’Heresie d’Horus (cad que je lisais les tout premiers tomes, et donc les seuls vraiment palpitants et qui apportent quelque chose de concret au background de cette période), et regrettait que seul FW et ses prix plus indécents que ceux du toucan ne propose du contenu lié à cette époque.


 C’est pourquoi avec trois ans de retard, GW exauce les souhaits de ses clients…..
On retrouve ici toute la subtilité éléphantesque de GW qui consiste à fourguer des boîtes de jeu à prix d’usurier, dans lesquels on trouvera tout un tas de belles figurines, et en grattant un peu en dessous, une règle bien vilaine et du matériel d’à-coté qui ne servira pas à grand-chose.


Ainsi il y aura deux camps : le fan boy qui va craquer et justifier son achat compulsif par la logique mathématique suivante : 

En rajoutant à la fin : « Et en plus on a un jeu qui revient en fait gratuit !!! »
 
Et celui qui ne craquera pas, parce que lâcher 125 € (oui, vous avez bien lu, 125 € !!!) pour un jeu dont on ne sait rien, qui n’a manifestement pas d’autre intérêt que le recyclage de ses figurines pour faire autre chose, c’est quand même être bien couillon quand on voit la pléthore d’excellents jeux de plateau livrés clés en mains et à la re-jouabilité assurée qui sortent par vagues ces trois dernières années (notamment depuis l’explosion des plateformes de financement participatif, Kickstarter en tête).



Parce que dans les jeux GW y a ça aussi, le coté clé-en-main a complètement disparu ! Celui qui, un peu aigre d’avoir lâché 125€ pour sa boite, pense faire passer la pilule en enchaînant 4 parties dans la soirée avec ses potes, se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au warp !

Bon, ca va aller vite se dit-on naivement.

Tout d’abord il vous faudra vous armer d’une pince coupante, de deux pots de colle forte, de patience et de deux à trois bonnes heures de temps libres pour tout dégrapper et assembler…..et peindre aussi, parce que dans ce jeu, y a deux armées de Space Marines totalement identiques…..Pas même un plastique ou des socles de couleurs différentes pour les distinguer……

Tu as fini d'assembler ton chef ? Allez, voilà 30 gus de plus à monter mon chou !
 
Qu’on ne vienne pas prétendre que ce jeu n’a pas pour seule vocation de fournir des pitous de bases pour autre chose.

 
Le jeu se joue sur des dalles rectangulaires composées d’hexagone, ce qui est assez original pour être souligné, et le livre de règles fait 48 pages. Alors là je dois bien avouer que je suis curieux de voir ce qu’il y a dedans parce que 48 pages pour un stand alone GW ça me semble vraiment beaucoup (quoique, en enlevant les pages de pub pour leurs produits, il ne reste peut être pas grand chose au final).

Les éternels décalcomanies.....


Sur le résultat physique, je ne doute pas que GW s’en sorte encore une fois avec les honneurs et peut être même les félicitations du jury en prime.
Les figurines me semblent vraiment très réussies et d’une finesse avérée pour du plastique. Les tuiles de jeu ont l’air particulièrement épaisses et bien illustrées, et je ne doute pas que le reste soit à l’avenant (cartes, etc...). Là dessus les gars de Lenthon connaissent leur boulot.





Ha ben oui, si vous faites pas l'effort de les peindre, ça a quand même moins de gueule.
Pour le reste, ben c’est GW : zéro communication (pas de forum d’échanges sur le jeu, ses règles, etc….), tout est à monter (et peindre), la jouabilité et l’intérêt du jeu ne m’ont pas l’air d’être au rendez-vous ; et last but not least at all, le prix est exorbitant !

Impair et passe, encore une fois.

jeudi 3 décembre 2015

STYGMATA -ttendra encore



Deux sorties ces derniers temps qui n’ont pas manqué de retenir mon attention, et pour lesquelles finalement je n’ai pas investi, et n’investirai pas.



La raison n’en est point des finances quelques peu en deuil en cette fin d’année (ce genre d’argument ne m’a jamais arrêté) mais plutôt une réflexion objective sur le contenu de ces produits.



Je vous parlerai aujourd’hui du premier : STYGMATA.





Rien à voir avec un film des années 2000 avec PatriciaArquette et Gabriel Byrne, mais bien avec un univers connu des joueurs, celui d’EDEN.


Stygmata est un jeu de rôle dans l’univers d’Eden et à cette annonce mes yeux se sont grand ouverts, ils se sont mis à briller et de la bave a commencé à couler sur mon bureau.



Eden, rappelons-le, c’est un univers post apo haut en couleur, avec ses gangs de l’Est aux allures de clowns sadiques, son matriarcat digne des Sekekers de Bloodlust, ses survivants à la Mad Max formant des convois à la recherche d’eau potable, ou encore ses tribus primitives mutantes pour ne citer qu’une partie des figurants.

 Je m’attendais donc à trouver là un savant mélange de Bitume (seul JDR réellement post apo à la Mad Max), de Bloodlust pour le coté violent et barbare, avec un soupçon de Niourk pour le décor.




Mais ce JDR très prometteur, lancé via Kickstarter, ne s’adressait manifestement pas à moi.



Je ne pense pas que l’univers ait été remis en question, et la vision que j’en ai, description que je viens d’en faire, me semble assez proche et fait un merveilleux cadre pour un JDR. Non, c’est du côté de l’approche qui a été faite via le KS que je me suis senti mal à l’aise / pas en adéquation avec ce projet.



 Le jeu se présente sous forme de « starter set », ce qui permet aux débutants de mieux appréhender ce qu’est un jeu de rôle et de les amener du support physique concret des aides de jeu vers le vrai JDR (vous savez, quand on vous dit que tout ce dont vous avez besoin c’est un crayon, une gomme, une feuille, quelques dés et votre imagination).



Ce qui me gêne c’est dans un premier temps le contenu du sarter set. Voyons cela plus en détail :

-          Livre de règles de 32 pages

-          Livre d’aventure de 32 pages

-          4 personnages pré tirés

-          72 cartes actions

-          24 cartes d’équipement et de talent

-          39 jetons d’état

-          4 pions personnages

-          15 dés.



Ça ressemble en gros au starter du nouveau JDR Star Wars, et ce type de système a un peu le cul entre deux chaises à mon sens.


D’un côté on cherche à faire passer en premier lieu les fans de l’univers d’un style de jeu (jeu d’escarmouche avec figurine) vers un autre (jeu de rôle), de l’autre on les abreuve de matériel inutile qui leur rappelle leur premier style de jeu sans en fournir les mêmes sensations (comme le remplacement des figurines par des pions en carton).



Alors en regardant les stretch goals c’est de pire en pire.






Parce que du coup les premiers paliers débloqués, et de très nombreux paliers suivants, n’ont trait qu’aux figurines des joueurs ou de leurs ennemis !



Je résume : on veut amener les joueurs de l’univers d’Eden (parce qu’en 32 pages de règles et 32 pages de campagne, je ne vois pas où est décrit le background pour le néophyte) vers un nouveau style de jeu, différent de celui auquel ils sont habitués. L’ouverture vers le jeu de rôle, c’est la possibilité de continuer les aventures cadrées dans un monde qui nous plaît vers des possibilités infinies.





Et pour faciliter cela, au lieu de privilégier l’immersion et l’imaginaire, on renforce le côté matériel et figurinistique du JDR – Est-ce pour ne pas déstabiliser les joueurs ?



Le jeu de rôle ce n’est pas un truc où l’important est d’avoir sa figurine WYSIWYG à son personnage !

La majeure partie des SG est constituée de figurines de personnages pré tirés ou de pièces alternatives pour ces derniers. Quand ce n’est pas cela, ce sont des jetons cartons pour représenter les ennemis, des maps de terrain pour faire les combats (avec les figurines et/ou jetons en carton) et des cartes de profil pour transposer lesdites figurines dans la version escarmouche avec figurine (jeu Eden).



Seuls trois SG ont un intérêt à mes yeux de rôliste dans cette historie, l’écran du Maître de jeu,  le livre de Background et le bestiaire de 32 pages chacun (qui devraient à mon sens être inclus dans la boîte de base, mais bon…).


La belle époque des boîtes avec leur trois livrets

Les jeux de rôles des années 80-90

Haaaaa.... nostalgie...



Bref, ce que je n’aime pas, c’est cette transformation du JDR en sorte de jeu de plateau / jeu de figurines, qui ne fait que brider l’imagination et l’essence même du JDR.

Ca me rappelle avec horreur la V4 de Donjons&Dragons, dont le manuel du joueur ressemblait à un manuel de MMORPG sans une seule ligne pour expliquer ce qu’est le jeu de rôle. Il ne s’agissait que de supers pouvoirs à activer à X cases de son adversaire sur une map quadrillée.


De la mauvaise influence des jeux vidéos sur le JDR



Alors vous penserez peut être que je suis de mauvaise foi ou que j’ai bien retourné ma veste, ayant fait sur ce même blog les éloges de la dernière version de Warhammer JDR, où côté matériel ca débordait de toute part.



Certes l’abondance de matériel de cette version de Warhammer était étouffante, mais ce dernier était en grande partie dispensable et servait de rappel rapide, constituant la fiche de personnage elle-même.

Il en est alors peut être de même pour STYGMATA, peut être tout ce matériel, ces figurines, tout cela est-il peut être dispensable et que le système tourne comme une horloge sans réel support physique. Oui, peut-être, mais à trop avoir orienté les SG vers de la figurine, j’en déduis que soit les créateurs ne savent faire que ça au détriment du système et du background, soit les figurines et les plateaux de jeu ont toute leur importance dans le système et dans ce cas ce n’est pas le style de jeu de rôle qui m’est destiné.

Bizarement l'artwork de Stygmata m'inspire autant que celui de Zone, pourtant Eden n'est pas sans ressource coté illustrations
  

Si le jeu sort un jour sous forme de gros livre contenant de vraies règles de JDR, le background et le bestiaire, je pense que je ferai l’investissement.

En attendant, je vais attendre de voir vers quoi le jeu va évoluer (si toutefois il ne s’arrête pas à ce simple KS et quelques profils disparates de temps à autres) et les éventuels retours de rôlistes, pas ceux des seuls joueurs de jeux de figurines.


Si vous êtes sages, la prochaine fois je vous parle de mon second non-investissement : "Betrayl at Calth" du Toucan plaqué or. 

NB : En revanche, je me suis permis de formuler les mêmes réflexions auprès de HFG qui produit ce KS, et j'ai pu échanger sur ces points avec l'un des créateurs (celui d'Eden en tout cas), qui était très attentif à ma vision des attentes que pouvait avoir la communauté rôlistique (que je n'ai bien évidemment pas la prétention de repésenter) en la matière.