Gens qui se baladent

mercredi 13 août 2014

Highway to Hell-Fest !!!



Rendez vous encore était pris cette année pour nous rendre à la fête de l’enfer en terre clissonaise.
Je dis « nous » parce que cette fois c’est accompagné, entre autre, de Madame que j’ai fait le déplacement.
Cette édition 2014 promettait de grandes choses avec des têtes d’affiches à faire pâlir tout fan de hard/heavy : Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath.

Et on peut dire que l’orga a fait les choses en grand cette année avec, dès l’accueil, une claque visuelle ! En effet, l’ancienne aire de passage entre le camping et le site autrefois de terre battue dans laquelle s’entassaient quelques algécos, s’est transformée en une réplique de ville anglaise, avec une place bétonnée et sa grande fontaine et tout un tas de boutique avec façades et devantures dignes de décors de cinéma.








L’accès au camping se fait via la traversée d’un immense escalier métallique et sous contrôle de gardiens de la sécurité, de façon à éviter que ne se reproduisent les fâcheux incidents de l’année passée (vols par des personnes extérieures au campement) et dont j’avais malheureusement été victime.

Bien qu’arrivés sur site environ une heure plus tard seulement que notre horaire habituel d’arrivée, force est de constater que le public a déjà répondu présent tellement le camping est rempli. Arrivés le jeudi aux environs de 18h nous n’avons trouvé d’autres places qu’au Yellow Camp, soit tout au fond (il faut dire que nous avions six tentes à installer dont une grande, et qu’il a été difficile de trouver suffisamment d’espace pour caler tout ce monde). A noter que cette année, au gré des différents camps (secteurs du camping) des aires spéciales petits déjeuners ont été prévues afin que les festivaliers n’aient pas à s’entasser en un seul point de vente à l’entrée du camping. Après avoir fait déplacer sa tente à un Italien et replacer les cordes d’amarrage de celle d’un Polonais, nous avons donc pu nous installer confortablement et planter notre mascotte (très utile pour repérer son logement de fortune dans cette mer de Quechua).



Soirée tranquilou-pépère le jeudi soir, on se couche vers 2/3h du mat’, moins défoncés que l’année dernière pour être en forme le lendemain.

Vendredi :
Le soleil se lève sur Clisson et la chaleur commence déjà à se faire ressentir dès le petit matin. Ne nous y trompons pas, cette édition du Hellfest sera placée sous le signe du plein soleil.
Après un petit déjeuner sommaire composé de café italien et de pains au chocolat industriels, nous nous rendons sur le site car je ne veux pas rater l’un des premiers groupes à passer, à savoir les français de Nightmare.
La queue à l’entrée est immense, et il faudra environ plus d’une heure pour pouvoir accéder au site. Nous arrivons juste à temps quand Nightmare arrive sur la Mainstage 01.

- Nightmare : Je suis content de voir ce groupe que j’apprécie beaucoup pour ses sonorités et son timbre de voix particulier. Le show est trop court (30mn) mais je suis pleinement satisfait de ne pas les avoir raté comme malheureusement beaucoup d’autres, encore coincés dans la file d’attente pour accéder au site à ce moment là.


- Doyle Airence : On écoute ça d’une oreille distraite, et on profite pour aller chercher à boire, et prendre une casquete Rage Against the Machine pour Madame à l’Extrême Marquet.

- Crossfaith : La claque et notre révélation de ce HellFest. Le quintet japonais allume le public avec son métal électro puissant et entrainant, et son chanteur et son programmateur déchainés. Un des meilleurs concerts de cette édition.


- Powerman 5000 : le frère de Rob Zombie, une sorte de métal électro zarbi, qui est loin de nous ravir contrairement au groupe précédent.

- M.O.D. : Haaa souvenirs d’adolescence que l’album I want some milk de S.O.D. (dont M.O.D. est le descendant). Du trash bien bourru qui redonne du pep’s.

- Therapy ? : S’il est clair que le chanteur a pris un coup de vieux dans la voix, le groupe ne manque d’énergie sur scène avec son bassiste sautillant. Malgré de nombreux albums, la plupart des titres joués seront tirés de celui le plus connu, avec les classiques comme « going nowhere » « isolation » « pullin’ trigger » etc.. 


- Rob Zombie : Le métalleux éclectique nous régale d’un show bien rodé et puissant, bien que nous soyons à ce moment en train de picoler sur nos chaises de camping au fond de la Mainstage.

- Sepultura : Le groupe n’a pas perdu de sa hargne et envoi du bon gros son. Je ne suis pas fan du tout du groupe ni de ce style de musique mais le concert est agréable.


- Iron Maiden : Mon groupe préféré – je les ai vus un mois plus tôt à Barcelone (première date de la tournée 2014) et je dois bien avouer qu’ils y étaient plus en forme que lors du concert de 2013 à Paris. On sent encore un peu comme des vagues coté rythme avec des couplets parfois un peu lents et des refrains assez rapides. En tout cas l’énergie est là même si le show est un peu mécanique et copie conforme de celui de Barcelone (y compris le remplacement de « Afraid to shoot the stranger » par « Revelation ») – A noter que Bruce s’exprimera en français durant tout le concert, jouant sur les annonces du résultats du match France – Suisse qui se joue en même temps que leur prestation, et ce en plein milieu des chansons.






- Slayer : Le père Araya est maintenant aussi imposant que son compère Kerry King – Je n’aime pas particulièrement Slayer mais le concert est puissant et « Rain in Blood » un excellent défouloir.

- Sabaton : Pour nous ce sera le dernier concert de la journée, le son est assez mal balancé, avec une batterie et des synthés trop forts par rapport aux guitares. Mais ça envoie bien quand même. Le chanteur s’amuse à nous dire qu’ils sont en fait les Village People à voir comment ils se fringuent, mais que comme les gens sont venus voir Sabaton ils vont faire quelques reprises de ces derniers.



Samedi :

- Of mice and men : Du métal core (je déteste normalement) qui nous surprend agréablement.

- Lez Zeppelin : un groupe exclusivement féminin qui joue des reprises de Led Zeppelin….Très déçus, y a pas de groove, le passage « je joue de la guitare avec un archer comme faisait l’autre » est long, c’est chiant, on se casse picoler.


- Skidrow : on va de déceptions en déceptions, je m’attendais à un bon rock sale / hard rock à la Guns n’ Roses et autres, mais en fait c’est chiant. On reprend un verre en direction de la Valley.



- Subrosa : wow, le sound test nous décolle les cheveux tellement les vibrations sont fortes !  Le moindre coup de grosse caisse ou de caisse claire nous fait vibrer les casquettes… Du métal atmosphérique avec des violons électriques, c’est sympa mais pas assez pour qu’on s’y attarde plus que ça surtout qu’à coté joue…




- Trollfest : Alors là c’est plus du tout la même ambiance, ça sautille, danse, slamme et pogotte dans tous les sens. L’accès à la scène du Temple est très difficile en raison de l’affluence massive. J’écouterai pas ça chez moi mais en concert ça dépote joyeusement !


- Dagoba : On revient en fin d’aprèm pour Dagoba, qu’on écoute d’une oreille distraite. Le groupe  nous offrira tout de même le plus grand Wall of Death que je n’ai jamais vu.


- Status Quo : Les vieux sont toujours appréciés au HellFest, et il en est de même pour SQ. On écoute / regarde ça pépère, vautrés sur nos fauteuils, en chantant le refrain de « You’re in the army now ho houhoooo… »




- Hatebreed : J’avais déjà vu en concert, ça me branche pas plus que ça, alors je m’en vais pisser près de la Valley où j’en profite pour m’arrêter devant…

- Clutch : Du rock ricain burné qui envoie bien. Ca réveille les sens.

- Soulfly : le pendant de Sepultura, autant le concert de la veille était bien, autant à Soulfly on s’emmerde sec. Leur version de « Roots bloody roots » est bien pâle et sans âme comparée à celle de Sepultura la veille. 

- Deep Purple : Comme Status Quo, c’est un groupe à voir quand on en a l’occasion parce qu’ils sont une légende. J’avoue n’avoir aucun souvenir du concert (je devais être défoncé) vu que de toute façon je ne connais aucune de leurs chansons à part « Smoke on the Water » pour laquelle j’ai fais l’effort de me lever, de chanter, et faire du air guitar sur le riff le plus célèbre du rock.

- Aerosmith : Haaaaaaa, la tête d’affiche de ce samedi ! Je n’aime pas ce que fais le groupe depuis les années 2000, mais ce fut quand même l’un de mes groupes préférés ado. De ce que j’ai pu en voir dans les vidéos (vieilles) ça envoie du lourd sur scène. Cruelle déception, le groupe joue à deux à l’heure, c’est d’un chiaaaaaaaant. Ha la vache, je me lève pour me déchainer sur « Mama Kin » (chanson qui m’a  poussé à faire de la musique – mais version reprise par GnR) et vais me rassoir aussi sec, dégouté. A deux à l’heure, tellement lent que les musiciens ont l’air de se faire chier sur scène. Et puis, Steven….c’est quoi cette bouse de moustache infâme ?!





- Avenged Sevenfold : J’ai découvert il y a peine quelques mois ce groupe sur les conseils d’un ami. Enôôôôrme ! Un son incroyable, un concert irréprochable ! Quel dommage qu’ils n’aient pas été en tête d’affiche à la place d’Aerosmith. Allez zou, ils rejoignent Crossfaith dans le top 3 des meilleurs concerts de cette édition.




Dimanche :
Comme souvent le dimanche il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. La tête d’affiche de ce soir est Black Sabbath, et pour les avoir vu six mois plus tôt, je ne suis pas spécialement excité de les revoir.

- In solitude : un hard/heavy traditionnel qui a du bon. Une bonne découverte, à ré écouter à la maison pour confirmation.

- Crowbar : déjà vu, pas franchement intéressé par ce genre de musique, on se place surtout pour attendre les deux groupes suivants …

- Powerwolf : Ça faisait longtemps que je voulais écouter ce que c’était, les voir en concert était donc le meilleur moyen de se rendre compte de ce que ce groupe donnait. Un très bon show scénique type église et prêtres corrompus, mais plus dans le sens de la gaudriole et du bon vivant que du satanisme des groupes de black métal. Ca parle presque que de cul (« resurection by erection »…) et le groupe est très dynamique sur scène. Bon après c’est du power métal pur et dur, très fédérateur en concert avec les refrains en chœurs, mais un peu indigeste à la troisième chanson tellement on a l’impression de toujours entendre la même recette. En revanche, je n’avais jamais autant subi de slammers que pendant ce concert, pire encore que pour celui de Parkway Drive l’an dernier. Mais bon, quand dans lesdits slammeurs on s’aperçoit qu’il y a Mathieu Sommet de « Salut les Geeks », on dit trop rien et on profite.






 - Angra : Haaaaa, LE groupe que je tenais par-dessus tout à voir. D’une parce que j’adoooooore ce groupe, de deux parce qu’après les avoir vu avec André Matos, puis avec Edu Falashi (avec lequel on avait fini en after, ainsi qu’avec les autres membres du groupe), je voulais voir Fabio Lione, nouveau chanteur officiel du groupe. De vilains petits problèmes de son viennent entacher le début de concert, vite fixés, et le show démarre vraiment. Ils prennent du plaisir sur scène, ça se voit et c’est communicatif. Alors certes le groupe a du se demander pourquoi 95% du public tournait la tête sur la droite de la scène pendant la moitié de leur show, mais peut être ne voyait-il pas qu’un camion de pompier était stationné à coté du site et essayer de rafraichir la foule à l’aide d’une lance à incendie. Super show, trop court à mon gout (50mn) mais quel régal.








- Soundgarden : On revient trop tard du camping et je rate une fois de plus Behemoth (que j’avais déjà raté lors de leur passage il y a deux ans). Alors on écoute/regarde Soundgarden en mode repos-repas du soir en chantant « Black hoooole suuuuun…. ».

- Emperor : Moins violent que ce à quoi je m’attendais. Je n’adhère pas et ne m’attarde pas, je ne donne pas mon attention aux mecs qui participent de près ou de loin (mais plutôt de près) aux incendies d’églises et meurtres d’homosexuels.

- Black Sabbath : Ce sera notre dernier concert de cette édition 2014. Franchement, Ozzy devrait raccrocher. Le pov’ gars a du mal à chanter correctement, gesticule comme une marionnette ivre, on se croirait à un concert de et en maison de retraite. Vu à Bercy en Décembre dernier, je connais déjà la musique, demain on a de la route à faire et on plie bagage un peu avant la fin du set.



Conclusion : Il en ressort un bilan personnel un peu mitigé pour cette édition. Premièrement je ne l’ai pas vécu dans la même ambiance que les précédentes, vu que là j’étais en couple, que j’avais environ 15 personnes différentes à voir avec qui passer un peu de temps. Je suis en outre arrivé bien crevé sur les lieux en raison de semaines antérieures difficiles. Du coup ce fut une édition pépère relax dans le fauteuil et non en gros fan plaqué devant la barrière de scène. C’en était pas moins bien, c’était juste différent.





Ensuite, la remarque principale est qu’il y avait trop de monde (environ 55k personnes par jour). Même si je dois reconnaître qu’au regard de cette population les queues étaient vraiment dérisoires (toilettes, service de recharge de portable, banque de jetons, bouffe,…), pour ce qui est de la circulation sur le site et surtout de l’accès aux scènes c’était vraiment trop. Normalement, quand vous arrivez en plein milieu d’un show de tête d’affiche sur l’une des mainstage, vous pouvez aisément et sans soucis passer et vous faufiler jusqu’un bonne place jusque dans le premier tiers de la foule, et en sortir sans encombre. Là, ça n’était pas possible, du coup restriction de déplacements et donc de circulation d’une scène à l’autre.
La chaleur était intense. Alors on ne va pas se plaindre vaut mieux ça que la pluie c’est sur (surtout quand, comme nous, vous êtes au camping) – Mais ça manquait cruellement d’espaces ombragés. De plus, le sol de terre sèche générait d’immense tourbillons et effluves de poussières, qui masquaient la visibilité des mainstages si vous n’étiez pas placés tout devant.   



Coté concert, une trentaine de groupes de vus, de bonnes surprises et de bons moments, avec mon top3 : Crossfaith, Avenged Sevenfold et Angra, tous premiers ex aequo.
Pour ce qui est de l’organisation générale (tout confondu) c’est en revanche impeccable et hallucinant, avec une mention toute particulière pour les décors et la place centrale faisant office de liaison entre le camping et le site. Le déplacement de l’extrême market à cet endroit (ainsi que la délocalisation des autres commerces au site du camping) est une excellente chose car cela a permis de dégager beaucoup plus de place sur le site et de l’aérer au mieux (ce qui était absolument nécessaire vu le nombre de personnes présentes). Comme pour les années passées, l’ambiance était là et malgré l’affluence il n’y a pas eu à déplorer de violence sur autrui ou sur les biens, le métalleux sachant se montrer bien plus respectueux de son prochain et de son environnement que la plupart des autres publics de festivals.


Aux grands regrets de certains anciens le Hellfest n’est plus un petit festival de métal extrême underground avec son âme rebelle d’origine, mais est bel et bien devenu une énorme machine qui a su s’adapter à sa propre évolution en réussissant le paradoxe de s’ouvrir à un esprit familial tout en maintenant le coté spécifiquement hard/métal de son affiche et de son public.

Bon, ben rendez vous l’année prochaine pour les 10 ans !



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