Gens qui se baladent

mardi 13 novembre 2012

Qui va à la chasse perd sa place



Qui meurs d’un anévrisme aussi, d’ailleurs. 

Et c’est bien là le commencement des problèmes. Le brutal décès de Barry Fairbrother va être, bien malgré lui, le battement d’aile qui va déclencher un effet papillon dévastateur, ou salutaire, pour beaucoup des citoyens de la petite bourgade de Pagford.

Ayant dévoré par le passé, en son temps, la série des Harry Potter (aux deux derniers tomes assez décevants à mon goût), je me suis dit que j’allais faire un break dans ma saga Sciences Fiction et Fantasy pour un roman d’une autre nature, car le dernier ouvrage de J.K.ROWLING n’a rien à voir avec le surnaturel, le fantastique ou le manichéisme du bien contre le mal.


Une place à prendre est un gros pavé de 681 pages qui n’est clairement pas destiné à ceux qui cherchent dans cet ouvrage l’héritage d’Harry Potter, d’où le nombre de critiques négatives sur ce livre de la part de l’ancien lectorat de l’auteure. 
Une place à prendre est un roman « tranche de vie », avec de nombreux personnages dont les vies et les actes s’entrecroisent, s’influencent, condamnent ou libèrent ses protagonistes que l’on pourrait croire stéréotypés mais parce qu’ils sont campés d’une forte personnalité et d’un réalisme parfois glaçant.
Ainsi, je ne saurai rejoindre les critiques négatives que j’ai pu lire sur ce livre, à droite à gauche, le désavouant souvent en le résumant à un vil manifeste négatif sur la nature humaine.  
Certes, nous avons là un rassemblement, un condensé, de situations « peu glamours » mais cruellement réalistes, et quand je lis que l’EXPRESS base sa critique sur la seule page 99 du roman (sur 681 je le rappelle) cela me fait doucement rire ; car si Camille Poirier (qui a écrit la critique du livre ici :http://www.lexpress.fr/culture/livre/une-place-a-prendre-le-nouveau-roman-de-j-k-rowling-passe-le-test-de-la-page-99_1167114.html ) trouve que la description de l’appartement de cette famille "défavorisée" regorge de stéréotypes, c’est qu’elle n’a que rarement (jamais ?) était confrontée à la misère sociale.

Je trouve au contraire que J.K. ROWLING touche juste sur beaucoup de ses mises en scènes ; quels que soient les personnages, leurs références, leurs schémas de pensée, leurs centres d’intérêts et leurs réactions émotionnelles sont parfaitement en adéquation avec leur personnalité et surtout avec leur âge (notamment pour le monde des adolescents, ici d'un panel assez bigarré, qui est trop souvent stéréotypé ou trop peu conforme à la réalité [comme c'était souvent le cas dans la série des HP en somme, où nos sorciers en herbe n'avaient pas vraiment, ni une vie, ni des réactions en adéquation avec leur age]). 
Ce livre n’est donc pas une vision négative de la nature humaine, ni un conte de fée, c’est juste un livre sur la vie de personnes, qui pourraient être votre voisin, ou vous même.
Une sorte de Real Desperate Housewives in an english cottage. 

Bref, j’ai dévoré ce bouquin qui m’a passionné. Car si il n’y a aucun rapport avec Harry Potter, on y retrouve ce style d’écriture simple et pourtant fourmillant de détails bien ciblés, qui rend la lecture facile et délicieusement chronophage.  


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire