Gens qui se baladent

mardi 24 juillet 2012

Si tu ne viens pas à Lagardère, c'est Lagardère qui viendra à toi !

Comme beaucoup de gosses de ma génération, mes films préférés étaient, enfant, les westerns et ceux de capes et d’épées.
J’adorais également le fantastique et la science fiction, mais il faut bien reconnaître que ce genre n’étaient pas encore vraiment d’actualité sur les grandes chaines (qui n’étaient qu’au nombre de 3…..hé ouais, ça fout un coup de vieux), et mes seuls souvenirs dans ces domaines doivent être La guerre des étoiles et Conan le barbare (que je n’avais pas pu voir en entier lors de sa première diffusion.....j'ai eu trop peur).

Les films de capes et d’épées. 
Combien ais-je pu en voir, ..... Fanfan la Tulipe, Le bossu, les trois mousquetaires, et tous les films sur le moyen âge aussi, qui se rapprochaient du genre de par la présence de combats et duels qui me faisaient frémir, Robin des bois ou encore Ivanhoé.

Quand je suis passé à la lecture intensive, j’ai rapidement dévoré ces mêmes œuvres que j’avais vu sur petit écran, cette fois en version papier. 
Mais force est de reconnaitre que le genre n’est plus à la mode depuis longtemps, car les derniers véritables ouvrages que je pense avoir lu sur le sujet doivent être ceux d’Alexandre Dumas. 
Les ouvrages plus récents relèvent, en effet, plus de la science fantasy et du médiéval fantastique, avec force de guerriers, barbares ou aventuriers en quête initiatique, que des tribulations de mousquetaires en casaque. Et pourtant, pourquoi ne pas mélanger les deux ?

C’est donc avec un enthousiasme frisant l’excitation enfantine que je me suis lancé dans la lecture d’un ouvrage découvert par hasard : "Les lames du Cardinal" de Pierre Pevel.



Le pitch (oui, on dit le pitch maintenant, quand on est à la mode parisienne ) :
« Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume.
Surgis de la nuit des temps, ils sont décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire dans les plus grandes cours royales d’Europe.
Pour déjouer leurs complots, Richelieu dispose d’une compagnie d’aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d’élégance et d’astuce. Des hommes et une femme aux talents exceptionnels, prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal !»

J’ai dévoré cette trilogie, que j’ai acquise sous forme d’intégrale, publiée aux éditions Bragelonne.

L’écriture est excellente. Le chapitrage est assez court, de façon à mener plusieurs intrigues en même temps, alternant les différents événements et leur déroulement, permettant toujours d’instiller du suspens et de la tension à chaque fin de page. Jamais de temps mort, jamais de détour inutile, une action en continue sur plus de 600 pages, sans que jamais la lassitude ne vous gagne. 
Un livre qui, une fois ouvert, le reste jusqu’à ce qu’il vous ait dévoré (ou l’inverse).

Au travers dans style d’écriture sans emphase, l’auteur nous distille çà et là, à notre insu, des détails extrêmement réalistes de la vie à cette époque, permettant de subtilement placer un décor parisien tant visuel qu’olfactif (oui, vous aurez vous aussi l’impression de cuire sous le soleil et de vous déplacer dans les rues d’une capitale qui empeste la crotte séchée et la saleté).

C’est dans ce décor que va évoluer notre équipe, sorte de CIA du cardinal de Richelieu. Là encore, quel régal de se trouver « de l’autre coté », celui des éternelles Némésis des mousquetaires du roi, que l’on s’est pris à haïr à force de lire les romans d’Alexandre Dumas. D’ailleurs, les héros de Dumas répondent présents au rendez vous, sous forme de guest stars pour les mousquetaires (d’Artagnan ou encore Athos) et de chien de garde toujours aussi détestable pour Rochefort.

Nos héros, eux, constituent une équipe de choc, que l’on retranscrirait sans mal dans un film ou un groupe de joueurs de JDR : le général vieillissant mais charismatique et toujours aussi  foudroyant en combat, le tactiturne maître d’arme dont les rares mots prononcés sont aussi tranchants que sa rapière, l’ancien mousquetaire chevalier émérite et loyal, le beau gosse coquin Don Juan et prodigue, ou encore la baronne rebelle et farouche et son mentor alcoolique et paternaliste. D’autres héros viennent compléter cette équipe, et pas des moindres, mais les dévoiler ici serait gâcher une partie de leur découverte.
Si ces personnages peuvent paraître stéréotypés dans leur description, leur comportement le sera pourtant bien moins, et les événements qui viendront les affecter, ou qui les ont forgés, pourront en surprendre plus d’un.

Ainsi, si je commençais à me dire, à un certain moment, qu’un sauveur venait toujours à point nommé (ce qui a vite tendance à gâcher tout suspens d’une situation de péril), tous ne sortiront pas indemnes de ces trois grandes aventures (L’intégrale regroupant trois tomes, chacun avec une intrigue à priori indépendante mais liée les unes aux autres en une histoire continue). 
Pour autant, il s‘agit là de romans d’aventures épiques au royaume de France, et non d’une œuvre dramatique, dont le panache et l’héroïsme sont les maîtres mots.

L’élément fantastique, l’insertion de la civilisation draconnique, est géré avec une telle aisance qu’il ne vient jamais choquer ni même violer la logique de l’ancien régime, à croire que l’histoire de France s’est déroulée telle quelle.

Un véritable bijou de la littérature fantastique française que je recommande chaudement à tout ceux qui veulent sortir des sentiers battus de la fantasy, tout en plongeant dans un univers dans lequel on se sent comme à la maison.

Cela faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant enchanté, et pendant quelques jours, j’ai retrouvé l’enfant que j’étais avec ses grands yeux émerveillés devant les aventures de Jean Marais ou Gérard Philippe. Rien que pour ça, je dis merci.


2 commentaires:

  1. Excellent, tu m'as donné envie de le lire et je te dirais ce que j'en ai pensé après l'avoir lu !
    Buche.

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