Gens qui se baladent

mercredi 28 décembre 2011

L'Hérésie d'Horus







Ça faisait un moment que ça me faisait de l’œil, alors je me suis lancé dans la lecture du cycle de l’Hérésie d’Horus chez Librairie Interdite (et repris depuis par la Black Library).

J’ai longtemps hésité sur les romans se déroulant dans l’univers de Warhammer 40K, craignant d’avoir au final entre les mains un mauvais roman de gare.

Autant ceux se déroulant dans l’univers de Warhammer Battle ne me tentaient nullement (l’univers n’étant guère original, bien que développé, car compilation de différents univers med fan), celui de 40K offrait un monde de SF beaucoup plus riche à mes yeux, et à fort potentiel de développement, ne serait-ce que par l’étendue de son théâtre d’opération (l’univers entier) et la longue période à couvrir (plusieurs dizaines de millénaires).
Ayant lu beaucoup de bien des cycles des Fantômes de Gaunt écrit par Dan Abnett, j’avais donc commencé à acheter le premier bouquin qui, à ma grande surprise, m’avait ravi. J’ai enchainé avec le cycle complet, puis le suivant, puis le suivant encore. Ce n’est pas ce que j’appellerai de la grande littérature, bien qu'à mon sens au dessus de certains écrivains dont la renommée est plus grande (comme david gemmel par exemple), mais j'avoue avoir passé d'excellent moments à dévorer ces bouquins, et après tout, n’est ce pas là le principal ?
J’ai ensuite enchainé avec les trilogies "Eisenhorn" puis "Ravenor" (cette dernière restant à mes yeux mon cycle préféré), et qui retracent les enquêtes de deux inquisiteurs et qui nous font découvrir ce que j’appellerai la vie courante sur différents mondes de l’Imperium, dont on ne sait au final pas grand-chose.
Dan Abnett est, à mon sens, l’auteur qui a su le mieux s’approprier l’univers de 40K pour y inscrire des intrigues politiques et policières,  comme s’il avait crée cet univers pour ses intrigues et non l’inverse.
Et comme c’est lui qui a écrit le premier tome de l’Hérésie, il n’y avait là plus qu’un pas à franchir.

Les trois premiers tomes de l’HH forment un cycle à part entière, qui nous fait découvrir la vie de la légion des Luna Wolves, dont le primarque n’est autre qu’Horus, de l'accession de ce dernier au poste de Maître de Guerre jusqu'à sa déchéance et son ralliement à la cause du Chaos.
Le problème majeur du cycle de l’HH, vient du fait que chaque tome est ensuite écrit par un auteur différent, même si certains d’entre eux sont récurrents. Bien que la différence de style ne choque pas, je regrette en revanche la facilité, voire la grossièreté du dénouement de certaines situations majeures, notamment en comparaison de celui d’intrigues secondaires qui se fait avec plus de subtilité.
Là où Dan Abnett laissait les marques d’un Horus fort et puissant mais rongé par le doute et un sentiment d’abandon et de ressenti envers la figure paternelle de l’Empereur, les auteurs suivants, notamment Ben Counter, ont préféré privilégier l’action et la corruption directe par un démon  au développement psychologique  qui aurait de toute façon vraisemblablement amené Horus à se rebeller sans avoir besoin d'aide extérieure.

Les tomes suivants reprennent quant à eux la genèse et l’évolution de cette rébellion au sein des autres légions. "La fuite de l’Eseinstein" (tome 4) forme une sorte d'épilogue au premier cycle tout en assurant le lien avec la suite ; on y retrouve une dernière fois quelques un des personnages de la trilogie initiale. Le style manque ici d'un peu de fluidité, et l'auteur n'a pas su rendre l'ambiance de huis clos oppressant à hauteur de ce que l'on aurait pu en attendre.
Puis "Fulgrim" lance un nouveau départ dans la saga, premier tome entièrement consacré à une autre légion d'Astartes, avec le basculement de cette honorable armée recherchant l’excellence dans l’art, vers sa soumission à Slaanesh. Là encore, autant la décadence et la déchéance des personnages secondaires sont particulièrement bien amenées, autant celle du Primarque est grossière (Et vas y que je m’empare d’une arme xenos. Ha tien, elle est possédée, ha ben ça y est je suis un vilain maintenant), notamment lors de son conciliabule décisif avec Horus, où Fulgrim prend un position radicalement opposée à celle de son frère, pour se rallier à lui en deux phrases, sans réel motif, ni cheminement psychologique (attention, le livre n'en est pas moins l'un des meilleurs de la saga).

Ce n’est que dans le retour des anges que les questions fondamentales se posent au lecteur, sans que le Chaos ne vienne tout justifier à coups de baguette magique. Ces Astartes, ces conquérants de l’Univers, cet Empereur, sont-ils vraiment la lumière qu’ils prétendent apporter ?
L’Imperium, déjà à cet époque, est une machine fanatique et aveugle, qui opère une répression intolérante et sanglante sur tout système qui ne veut pas se fondre au sien, mettant à bas et piétinant des millénaires d’histoire, de traditions et de cultures sans aucun ménagement, au seul nom de l’Empereur dont la glorification extrême n’a pourtant pas le droit de s’élever au culte de la personne et encore moins à la déification.
Au final, même si on s’attache à ces personnages, on se retrouve face à deux factions plus ou moins similaires : des fanatiques xénophobes et auteurs de multiples génocides au nom de « ce qui est juste », et des fanatiques xenophobes, auteurs d’atroces boucheries au nom de « ce que les autres disent être juste ne l'est pas ». La seule nuance reste le moyen par lequel ces deux factions tendent à atteindre leur but.
Pour en revenir au cycle de l’HH, on a là une merveilleuse saga pour découvrir la genèse et le déroulement de l’événement majeur qui marquera à jamais l’histoire de Wh 40K (à cette époque c’est plutôt Wh 30K d'ailleurs), avec du très bon, du bon, du moins bon et un peu de franchement pas terrible. Mais mon sentiment sur cette série est pour le moment positif ne serait-ce que pour l’immersion immédiate dans les détails et la vie au sein de cet univers particulièrement riche et pourtant méconnu.
[A noter que je n’ai lu pour le moment que les six premiers tomes de la saga].
Concernant les livres en eux-mêmes, je regrette que les nouvelles éditions depuis la reprise de la licence par BL, n’intègrent plus aux ouvrages le petit marque page personnalisé à chaque livre. Au moins ont-ils conservé approximativement la même maquette.

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