Gens qui se baladent

mercredi 9 mars 2011

KERION - OPERADYSE - SILENT OPERA Live

Et c’est parti pour une nouvelle soirée métal avec ce soir une belle affiche de Frontgirls, mais surtout de métal symphonique français !!!

Petite scène sur laquelle est placé tant bien que mal l’ensemble du matos, laissant peu de place aux musiciens pour évoluer. Les trois groupes vont se partager le même matériel de sonorisation ainsi que la batteuse, pour éviter des changements incessants et souvent longuets, et réduire la logistique à sa solution la plus efficace tout en maintenant l’ambiance.

Car si la salle et petite et la foule éclatée, le public est chaud ce soir.
Personnellement je suis venu voir Kerion, groupe de métal symphonique qui en plus d’être français, a le mérite de sortir du lot en dégageant une personnalité propre de par sa construction musicale et ses lignes vocales. Mais apparemment, c’est SILENT OPERA la tête d’affiche ce soir ; qu’importe on vient pour prendre du bon temps, pas pour jouer à ki ké le + tro for.

On commence les hostilités avec :

OPERADYSE : 


Je découvre sur scène ce jeune groupe dont j’ignorais jusqu’alors l’existence.
On rentre direct dans le feu de l’action avec des tempos speed et des envolées et orchestrations symphoniques en chaîne. Le chant est agréable même si on sent que la qualité des retours ne permet une libre expression de la puissance vocale de la jeune et jolie chanteuse (de toute façon elles sont toutes jeunes et jolies les dames de cette affiche).
Problème de séquence qui ne sort pas, de cordes qui cassent,…et pourtant on ne semble pas en ressentir l’impact tant l’ambiance et l’énergie dégagées par le groupe nous emporte dans un monde médiéval fantastique enchanteur.
La prestation est de bonne qualité, suffisamment pour me pousser à acquérir sur place le CD du groupe afin d’explorer plus en détail leur œuvre.

Post Ecoute CD : Operadyse s’est déjà démarqué en remportant les tremplins of rock, gagnant ainsi le droit d’enregistrer un album pressé à 500 exemplaires (sauf erreur de ma part, déductions faites de la lecture en diagonale des infos portées sur le CD). L’œuvre est agréable même si elle manque un peu d’audace et de puissance. En effet, souvent les guitares sont sous mixées au profit d’un clavier, qui bien que virtuose, reste trop omniprésent et pas assez varié sur les sonorités d’orchestration. Ainsi la transition entre l’intro et le premier morceau est imperceptible tellement l’attaque à la batterie est édulcorée. Quant au chant….je dirai que la puissance de la voix de Jennifer semble contenue, et il aurait été bon de lui donner plus d’espace d’expression à ce niveau. Sa tessiture et son empreinte vocale dégagent quelque chose de particulier et d’exotique pour du métal, me rappelant les sonorités d’une chanteuse de pop rock japonais. Les modulations du chant auraient, elles, nécessité un travail plus approfondie à mon sens. Manquant ainsi d’attaque et de mordant, l’opus m’a généré immédiatement une image bien particulière et originale, celle d’une bande originale de film med-fan mais pour enfant / ado, une sorte de épic manga métal. A l’écoute des premières minutes de Celestial Sword, j’ai en tête des images de L’histoire sans fin ou de Ladyhawk..Je ne dis pas cela d’un ton pejoratif, bien au contraire, je pense plutôt qu’Operadyse se trouve dans un petit coin du métal symphonique où il est le seul à officier de la sorte.
J’espère pour eux, et pour moi, la venue dans un avenir proche d'un véritable album avec plus de titres et un meilleur mixage / mastering. Une œuvre plus mature sans perdre cette candeur et cette innocence dont cet album est empreint.

Allez hop, on passe un cran au dessus (et même deux d'un coup)  avec :

SILENT OPERA : 

S.O. ne perd pas de temps en rond de jambes. On attaque vite et fort avec la grosse artillerie. Le groupe présente un show bien rodé, avec force de lumières et de postures scéniques travaillées, même si le jeu magnifiquement technique du bassiste tombe un peu trop dans la démonstration ostentatoire. Mais il est fier de son groupe, ça se voit, et ça se comprend.
Je découvre également ce groupe pour la première fois, et même si je ne suis pas amateur de voix death / black, je suis quand même sous le charme de l’interprétation de ces quelques six titres (set court mais morceaux longs). Les postures, les échanges de textes entre grut et lyrique, les lights qui se baladent dans tous les sens se réfléchissant sur les projections de fumée et nous renvoyant dans l’ambiance d’un cimetière des films de la Hammer (ou dans le parc de "Kiss contre le fantôme du parc", au choix…), tout est parfaitement exécuté pour nous faire passer un excellent moment, agrémenté de balades des musiciens au milieu du public grâce à la magie des HF.
Je n’hésite pas à investir dans l’album, également en vente sur place, et à me le faire dédicacer par quelques membres du groupe trainant encore dans les environs.
Il ne reste plus que la cerise sur mon gâteau :

KERION :  


J’arrive à alpaguer les membres du groupe avant qu’ils ne montent sur scène (je sais que généralement après on est pas forcément disposé à cet exercice en fonction de la fatigue et de son sentiment sur sa prestation), profitant ainsi odieusement de l'occasion pour me faire dédicacer le dernier album, me faire prendre en photo avec la belle Flora et remercier le bassiste de m’avoir invité en ami FB.
Finalement le show de S.O. portera préjudice à Kerion, qui présente sur scène un set dans les mêmes conditions qu’Operadyse, sans plus d’effet ni jeu scénique. Disons que ce soir Kerion joue à la bonne franquette, au milieu de close fans, sans apparat, et pour le fun.
Cela m’intrigue qu’un groupe de cette stature (2 albums, dont le dernier distribué out of frontier quand même, et un niveau nettement au dessus du panier dans le milieu métal sympho français) ne bénéficie alors d’aucun jeu de light ni même de dress code (alors que les photos promo de l'album passait par cette dernière case). Je pense que c’est surtout ce dernier point qui me désole un peu, car sur scène le visuel est un impact important pour faire monter la magie des ambiances dégagées sur les versions studio des morceaux.
On attaque avec The last quest…….et l’attaque perd de sa puissance avec des problèmes quasi immédiats de larsen, de problèmes de sonorisation et de retour générant des contre temps et quelques fausses notes. D'autant plus étonnant et décevant que les deux premiers groupes en avaient évité l'écueil.

C’est pas grave, ici on balance pas du grind et le groupe trouve rapidement le moyen de passer la seconde, puis la troisième puis la quatrième après quelques minutes d’échauffement pour redresser le morceau.
Les refrains et hymnes déjà fédérateurs sur le CD montrent leur force d’impact en live, et le groupe navigue rapidement en vitesse de croisière en cinquième. Trop pépère peut être parfois au regard de l'absence de jeu scénique, même si un solo destiné à introduire le nouveau batteur du groupe auprès du public tombera à point pour éviter de lorgner vers une certaine routine.
Point d’orgue sur Face the beast, ou le chant lyrique est partagé avec celui plus que guttural de Rachel, qui sous ses apparences de frêle brunette vient foutre une claque à Candice de Eths.
Étonnamment le groupe ne joue pas Warrior’s call, qui se dessinait pourtant comme le titre phare du premier album (bien qu’absolument pas mon préféré, puisque personnellement je me suis plus régalé à scander « Time has come for youuuuuuu, to face the légiooooooooon »), mais il interprète une belle palette de ses compositions, un set qui m’aurait fait acheter les deux albums si je ne les avais pas déjà acquis au préalable.
 
Une superbe soirée, une fois encore plus de 400 photos à trier, et le plaisir d’avoir pu rencontrer trois groupes qui se sont montrés totalement accessibles pour leurs fans, en gardant une réelle simplicité et humilité. Ce sont ces traits de caractères qui permettent de forger et entretenir de vrais lien entre un artiste et son public, et c’est en tout cas avec mon soutien que je verrai avec grand plaisir évoluer encore plus avant chacun de ces trois groupes.

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